Au cœur de Paris-Versailles le 28 septembre 2014

Pierre-Yves Guivarch vous fait découvrir de l'intérieur une grande classique de la course à pied, les 16 kilomètres de Paris-Versailles. Il boucle son parcours en 57mn22s à la 48e position.

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En cette fin de septembre, voici la première d’une série de grandes courses d’automne à savoir la classique Paris-Versailles. Cette année, la course affiche à nouveau complet et nous sommes 25 000 à prendre le départ. Je ne comptais pas faire cette course cette année, mais comme la rédaction de lepape-info.com à réussi à m’obtenir un dossard je me suis dit que cela sera l’occasion de faire une bonne séance d’entrainement.
Une fois les formalités remplies sur le site de la course, je reçois  la confirmation de mon inscription ainsi que mon numéro de dossard le jour même. Ayant réalisé un chrono de 57 minutes l’année dernière, je demande à l’organisation la possibilité d’obtenir un dossard préférentiel afin de pouvoir partir dans le premier sas. Une fois de plus la réponse ne tarde pas, 10 minutes plus tard « sylvain du secrétariat » me répond que mon numéro de dossard sera le 73 et que je pourrai donc bénéficier du sas élites.
Le samedi matin, veille de la course, je me dirige vers Issy les Moulineaux afin de récupérer mon dossard. Opération qui ne prendra que quelques minutes. Malgré le t-shirt Adidas de très bonne qualité, je suis un peu déçu de n’avoir que mon dossard dans ce grand sac en papier recyclé. J’aurais aimé profiter des quelques échantillons qui sont souvent remis par les partenaires des courses. Je suis surpris par le nombre important d’étrangers venus eux aussi retirer leurs dossards, je ne pensais pas que cette course accueillait autant de coureurs internationaux.
J’en profite pour déambuler sur les différents stands et je m’achète une boite de Gateau sport.

Réveil H-3
Comme à chaque veille de course, je mange un plat de pâtes. Un peu plus tôt j’ai cuisiné mon gateau sport acheté auparavant. Un peu d’eau mélangée à la poudre suivie d’une demi heure au four me feront gagner des précieuses heures de sommeil le lendemain. En effet ce gâteau est super digeste et il est possible d’en ingurgiter une heure avant le départ sans être ballonné. Habitant à 2km de la ligne d’arrivée, mon réveil se fera à 7.30 soit 2h30 avant le départ. Café, Gateau sport et douche, me voilà parti pour la gare rive gauche de Versailles direction la ligne de départ. Le RER est plein de coureurs, tous parlent de course à pied, du parcours qui les attend et de la fameuse côte des gardes. Une odeur de camphre et d’huile de massage se diffuse dans la rame du RER.

L’échauffement
Comme d’habitude, la sortie du RER est toujours un peu compliquée, les couloirs de la station de la tour Eiffel sont bien trop étroits pour accueillir ces milliers de coureurs. Il me faudraIMG_3519 10 bonnes minutes afin de pouvoir sortir de cette fourmilière. 9h20, il est temps pour moi de commencer à trottiner afin de chauffer les muscles et de rentrer mentalement dans la course. Même si je n’ai pas d’objectif particulier et que je cours sans aucune pression, je sais quand même que je vais me faire mal aux jambes.
Pour m’échauffer je trottine sur les 2 premiers kilomètres et je fais demi-tour. En revenant sur mes pas, la tour Eiffel me tend les bras et je trouve magique de courir dans les rues parisiennes complètement désertes de tous véhicules. Je pense à Gustave et me dit qu’il devait être sacrément doué à l’époque pour fabriquer un tel édifice.
9h40, il est maintenant temps de regagner le sas de départ. Grâce à mon dossard, je bénéficie du vestiaire élite et je pourrai ainsi retrouver mes affaires directement une fois la ligne d’arrivée franchie. Petit privilège qui est loin d’être négligeable quand on voit les longues file d’attente pour la dépose aux vestiaires. Les coureurs anonymes se mélangent avec le gratin mondial. Il y a toujours ces coureurs des hauts plateaux parlant une langue que je ne comprends absolument pas, venus sur la course pour gagner quelques euros. Des primes dérisoires comparé aux salaires de certains footballeurs, tennisman et autres golfeurs. Mais les coureurs pour qui j’ai le plus d’admiration, sont les coureurs français (chauvinisme oblige). J’aperçois Dominique Chauvelier toujours aussi souriant, Philippe Raymond semble plus inquiet et se tient l’ischio jambier tandis que Benjamin Malaty, me décroche un petit sourire.

Le Départ
9h50, le départ des goélettes est donnés. Fauteuils tractés par des coureurs où sont assis des enfants atteints d’un handicap. J’aime ce départ car autant les coureurs que les enfants assis sont heureux de participer. La joie se lit véritablement sur leurs visages.
9h57, me voilà sur la ligne de départ, enfin je dirai même devant la ligne de départ car les organisateurs peinent à nous faire afin reculer afin que tout le monde soit bien derrière cette fameuse ligne. Il nous faudra bien 3 minutes pour perdre le mètre nécessaire afin que la première ligne se trouve derrière la ligne de départ.
10h et après un léger discours du judoka Teddy Riner, (que je remercie pour ne pas nous avoir fait trop attendre, ce qui change des longs et fastidieux discours des autorités généralement présentes sur ce genre de départ) nous voilà parti direction Versailles et son magnifique château. Le Château du Roi Soleil porte bien son nom car il fait un temps magnifique ce matin. Le premier kilomètre est avalé en 3min16s, je regarde autour de moi et j’aperçois certains coureurs qui n’ont pas du tout le gabarit ni l’allure de coureurs à pied.  Je me dis qu’ils ont plus la morphologie pour combattre contre Teddy Riner que de se tirer la bourre avec moi. J’enchaine les cinq premiers kilo à une allure de 3mn20s. Je suis bien et j’’attend la Côte des Gardes avec impatience.

Nous y sommes
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Après avoir longé la Seine sur ma droite et dépassé Issy les Moulineaux, je tourne sur la gauche et j’attaque cette fameuse Côte des Gardes. Comme l’an dernier, je sais que je vais la monter au train, sans m’affoler. Quelques coureurs me doublent à une vitesse folle « put…mais ils sont fous, jamais ils tiendront les 2 kilos de montée comme ça ». De 3mn20s au kilo, ma vitesse est tombée à 4mn40s soit environ 13km/h. Je monte tranquillement, un groupe d’amis est là en haut de la bosse venu m’encourager. «Allez Pierre-Yves, vas-y champion !» C’est toujours sympa de voir des têtes connues et d’entendre des encouragements. A chaque Paris-Versailles je me fais toujours la même réflexion sur la longueur de cette bosse. « Mais qu’est ce qu’elle est longue bordel. » En haut, je double quelques coureurs partis beaucoup trop vite ainsi qu’une coureuse kenyane. Je suis étonné de son jeune âge. Elle semble être à peine âgée d’une vingtaine d’années. Nous sommes au 9ème kilo et enfin un peu de plat. J’en profite pour relancer l’allure et j’enchaine les futurs kilo à 3mn30s de moyenne. Les scouts de France présents en masse sont là pour nous tendre les bouteilles au ravitaillement. « Allez Monsieur me disent-ils ». Monsieur ??? Mais je suis aussi vieux que ça ?? A bientôt 40 ans il est est vrai que je pourrais être leur père. Je suis seul à courir, il y  un groupe de coureurs qui se situe à environ 50 mètres.

Le final
A la sortie de la forêt de Meudon, je croise de nombreux coureurs du dimanche n’hésitant pas à nous encourager. J’essaie d’avaler la petite descente du douzième kilomètre le plus rapidement possible. Je pense à me pencher vers l’avant afin d’avoir plus d’inertie. Je ne sais pas trop où je me situe dans la course, mais je me sens toujours bien au niveau du souffle même si les jambes me brûlent un peu (manque de sortie longues pendant la préparation). La côte du cimetière, longue de 400 mètres seulement sera pour moi douloureuse ! Je me met dans le rouge, les jambes me brûlent et je respire comme je peux. En haut, je double Benjamin Malaty (meilleur français sur marathon) qui semble avoir mis le clignotant et termine sa course en footing. Arrivé sur l’avenue de Paris, le dernier kilo est pour moi interminable, je jette de nombreux coup d’œil à mon chrono afin d’évaluer mon temps final. Je double un concurrent victime de crampes et termine en 57mn22s à la 50ème place environ.
Au vu de ma préparation je suis très satisfait de ma course, je rejoins mes amis venus me voir à l’arrivée et nous décidons de profiter du soleil et d’aller nous rafraîchir autour d’une bière bien fraîche sur une terrasse.
Même si les visages sont fatigués, les coureurs autour de nous semblent heureux. La course à pied à cette faculté de nous réunir tous autour d’une même course et de rendre les gens joyeux.
Vivement la prochaine……..

Quelques photos

 

2 réaction à cet article

  1. Bravo pour ta course et pour ton compte rendu

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  2. Bravo pour le temps, et très sympa ton compte rendu…je revis la course mais le temps a été un peu plus long pour moi.

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