Arnaud Dely : « Ma 2ème place au championnat du monde reste l’une des plus grandes déceptions de ma carrière. »

Duathlons, triathlons, courses sur route, cette année Arnaud Dely a une nouvelle fois mené brillamment la suite de sa carrière tout en poursuivant ses études. Le talentueux espoir Belge agé de 22 ans tire un bilan positif de sa saison. Entretien.

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Le pape-info : Votre saison est terminée ? 

Arnaud Dely : Ma saison duathlon, triathlon est finie mais cela va vite recommencer car nous allons cet hiver mettre l’accent sur le cross. L’objectif est de se qualifier pour les championnats d’Europe de cross chez les moins de 23 ans. J’ai fait récemment une pause de 2-3 semaines pour repartir de plus belle en accord avec mon entraîneur.      

 

Le pape-info : Quel bilan tirez-vous de la saison écoulée ?

A.D : Beaucoup d’expérience, j’aurais préféré gagner à nouveau comme en 2018 les titres de champion d’Europe et du Monde espoirs de duathlon (2ème cette saison à chaque fois) mais bon cela prouve aussi que je reste à haut niveau. Ma 2ème place au championnat du Monde reste tout de même l’une des plus grandes déceptions de ma carrière, je pensais vraiment gagner. J’arrivais comme le favori, j’étais favori et je sais que sans mes crampes lors de la dernière course à pied je l’aurais emporté. Cela reste une expérience négative qui me permet d’apprendre à être plus professionnel et de me rebooster pour les prochaines grandes courses. En revanche toute la saison de duathlon en France avec mon club de l’ESM Gonfreville (Manche) fut très bien. A chacune des étapes du circuit nous avons essayé de batailler contre Metz, j’en garde de très bons souvenirs.     

 

Le pape-info : Duathlons, courses à pied mais aussi des triathlons étaient au programme cette année ? 

A.D :  Oui ma saison fut surtout axée sur les duathlons. Les triathlons auxquels j’ai participé étaient sans prétention de résultat comme notamment les championnats de Belgique en distance olympique où j’ai fini environ 30ème avec le 2ème chrono des engagés en course à pied mais une natation catastrophique. Je garde le triathlon longue distance ou distance olympique dans un coin de ma tête pour plus tard car j’ai trop de lacunes en natation où je n’ai pas assez de temps pour m’investir encore plus.          

 

Le pape-info : Quand vous parlez du triathlon distance olympique pour plus tard, vous pensez aux JO 2024 à Paris ?

A.D :  Le niveau en natation est très élevé, il ne faut jamais dire jamais. C’est vrai que je suis jeune mais cela va être compliqué, il y’a une jeune génération en Belgique de triathlètes très complets et compétitifs dans les 3 disciplines (natation, vélo, course à pied). Mon niveau en natation est un handicap, j’ai beaucoup de travail à faire dans cette discipline, nous verrons plus tard. Bien sûr les Jeux Olympiques font toujours rêver mais je suis réaliste, je reste lucide.       

 

Arnaud Dely : « Cela fait 6 ans que j’ai commencé le duathlon avec encore beaucoup à apprendre. Je ne connais pas mes limites et c’est bien. » 

 

Le pape-info : Comment arrivez-vous à enchaîner toutes vos courses, à vous organiser ?

A.D : Chaque année, je sais que j’ai 2-3 grosses courses où je dois vraiment être au top. Les autres rendez-vous je m’en sers comme situations de courses en vue des grands championnats. Le plus difficile est de pouvoir jongler entre les entraînements et mes cours d’études supérieures. Je suis entre la 2ème et la 3ème année de biologie médicale avec un statut de sportif de haut-niveau à la Haute Ecole Libre Mosane (HELMO) à Liège (Belgique) avec entre 2 et 4 heures de cours par jour toute la semaine. Il me reste environ 6 mois de cours et 6 mois de stage. Je verrai ensuite si je me lance dans le monde du travail ou si je poursuis mes études.

 

Le pape-info : Dans quel secteur voudriez-vous travailler après vos études ?

A.D :  Je voudrais exercer dans la recherche scientifique peut-être dans le monde du sport et comprendre les mécanismes biologiques, physiologiques du corps humain.         

 

Le pape-info : Différentes personnes autour de vous sont là au quotidien pour vous aider à tout mener de front. 

A.D :  C’est parfois compliqué au jour le jour. Heureusement ma petite amie comprend ce que je fais et va dans mon sens notamment lorsqu’une compétition m’occupe tout un week-end. Mes parents sont là depuis le début, depuis je suis petit ils m’emmènent au sport et m’ont donné goût au sport lorsque j’ai commencé à jouer au basket à l’âge de 3 ans. Ce sont eux qui m’ont poussé à faire du sport, maintenant ils essayent de temps en temps de me freiner en me disant que parfois j’en fais trop ! Impossible de ne pas leur être reconnaissant.             

  

Le pape-info : Des modifications sont-elles en vue pour la saison à venir ? 

A.D : Avant j’avais deux entraîneurs j’ai souhaité tout centraliser. Depuis 4 mois, Peter Rijnders est mon nouveau et unique coach, il est très compétent en duathlon (vélo et course à pied), il a participé aux Championnats du monde lorsqu’il était duathlète et sait comment me préparer. Je sens déjà une vraie différence de niveau en course à pied, j’ai passé un gros cap de volume kilométrique à l’entraînement avec une approche différente et bénéfique pour la saison qui arrive.

 

Le pape-info : Quels sont vos objectifs sportifs en 2020 ?

A.D :  Comme je le disais, cet hiver je mets l’accent sur le cross en espérant avoir mon billet pour les championnats d’Europe espoirs. Attention il ne s’agit pas d’en faire trop cet hiver, mes objectifs principaux restent les championnats du Monde et d’Europe de duathlon où j’espère à nouveau obtenir les deux titres vu que ce sera ma dernière année chez les Espoirs. J’ai toujours également cette envie de podium chez les seniors avant de les défier à part entière dès 2021.              

 

Le pape-info : Vous avez l’impression de franchir des étapes toutes les saisons ?

A.D :  Même si cela ne se voit pas toujours en termes de résultats, je sens que je progresse. Je ne suis pas si expérimenté que cela en duathlon et triathlon, cela fait 6 ans que j’ai commencé avec encore beaucoup à apprendre. Je ne connais pas mes limites et c’est bien.     

       

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