Anais Génin : rencontre avec la course à pied

Hyperactive, dynamique et ambitieuse, Anaïs Génin a découvert la course à pied il y a un an. Après quelques foulées, cet entraînement qui ne devait être qu’un complément est devenu source d’ambitions.

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« Avec la volonté, on peut aller partout ».
C’est un peu le leitmotiv d‘Anais Génin.  Et cette jeune femme de tout juste 21 ans, habitant en région parisienne à Sèvres (92) et étudiant en école de Communication Globale, ne manque ni d’atouts ni d’ambitions.

« Le sport canalise mon trop plein d’énergie. Je suis un peu une hyperactive et tout le temps en ébullition. Le calme ca ne me ressemble pas. Si je ne pratique pas de sport je ne tiens plus en place et souvent on me trouve alors chiante ! Alors j’évite ». Ce qu’elle aime ? Se surpasser et donc, faire de la compétition : « Quand je pratique un sport, je suis obligé de me lancer dans la compétition, je n’aime pas faire les choses à moitié. »

En ces quelques mots, on imagine une boule de nerf, un petit bout de femme stressée et complexée. Mais non, Anais est au contraire plutôt calme et réservée.  Sa sérénité et son sourire s’opposent à la perception qu’elle a d’elle-même et  c’est plutôt sa fraîcheur qui ressort de sa personnalité.

Mais revenons un peu en arrière. Très jeune, elle se prend pour passion, le Sport. Bien que cet univers ne suscite pas de réel engouement dans son cercle privé que ce soit dans sa famille ou parmi ses amis.

Elle enchaîne les disciplines : 10 ans d’équitation (5ème de France catégorie Amateur Elite) ;  4 ans de Badminton (vice championne de France par équipe en 2009). Elle se démarque chaque fois par sa ferme volonté de repousser ses limites.

Sa quête l’amène en octobre 2010, à découvrir une discipline encore peu connue du grand public : le Viet Vo Dao. Un sport d’origine vietnamienne qui allie combat et respect dans la plus pure tradition asiatique. Il  est inspiré des différents arts martiaux mais aussi de la lutte et de la boxe. Une discipline  connue et reconnue pour ses ciseaux acrobatiques !  Assidue et investie, elle aura l’honneur de porter les couleurs de la France lors de la Coupe d’Europe de la discipline en novembre 2012.

Son histoire d’amour avec la course à pied, est plus récente. Elle débute en Avril 2011, alors qu’Anaïs éprouve le besoin d’améliorer significativement son endurance lors des combats. Dans un souci constant de toujours aller plus loin dans l’effort, elle a constaté que pour mieux maîtriser son art et être plus performante, elle ne doit plus manquer de souffle face à l’adversaire. Seule la course à pied peut lui permettre de progresser en endurance, elle s’y met.

Le complément parfait

Trois mois après ses premières foulées, elle participe aux 10 km d’Hagetmau (40) et termine 1er espoir féminin en 49 minutes. Puis  enchaîne successivement les 10 km et se place  1ère – 3ème – 1ère  espoir à Mugron (52min), Dax (50min) et St Cloud (50min). En novembre 2011, elle se lance sur semi-marathon. A Boulogne Billancourt (novembre 2011) elle boucle son parcours en 1h54mn35s.

On pourrait croire que la course à pied et cet art martial atypique n’ont pas le moindre rapport et sont aux antipodes. Pourtant, ces disciplines se ressemblent autant sur le plan physique que moral et se complètent. De fait, pour Anaïs pas question de privilégier une des deux disciplines, elle a donc  façonnée son univers et son emploi du temps pour intégrer les deux entraînements : pas question de se passer de l’une ou de l’autre. D’autant qu’au fil de ses rendez-vous avec la course à pied, elle a pu noter qu’elle avait gagné en explosivité et en résistance en Viet Vo Dao, notamment lors du 2ème round où elle notait une forte baisse dé régime.

Mais mêler les deux activités sportives implique un mode de vie dantesque en net décalage par rapport aux jeunes de son âge.  « Je me lève et quand d’autres se pressent  vers la cuisine pour se préparer un petit dej’ tranquille. Moi, je préfère partir courir à jeun. Je cours environ 1h en fonction de ma forme, j’alterne mes entrainements en variant entre des séances fractionné, de seuil etc. »

Bien que ses entraineurs de Viet Vo Dao ne soient pas contre la pratique de la course à pied et du trail, ils trouvent qu’elle s’éparpille un peu et donc qu’elle se fatigue parfois trop vite. « Cette été, ils m’ont assigné à un mois de repos pour me calmer un peu,» déclare-t-elle en riant !

Indiscutablement, la course à pied n’est plus, pour Anaïs,  un moyen de s’améliorer en Viet Vo Dao mais une discipline à part entière.

« En plus de mes entraînements le matin, je cours les soirs où je n’ai pas Viet Vo Dao c’est à dire le lundi, le mardi, le jeudi et le dimanche ! Je ne peux pas m’empêcher de courir, je le fais tout le temps et je fais le moindre de mes déplacements en petites foulées. Depuis deux ans, je veille soigneusement à mon hygiène de vie. Je suis très attentive à ma diététique.  Je ne mange plus de produits transformés, ni de viande. En fait 80% de mes aliments sont des légumes et des céréales. J’adapte ensuite ma consommation en  fonction du sport que je vais faire »

Un rythme et un choix de vie qui a, évidemment, engendré quelques aléas comme cette blessure contractée quelques jours avant le semi -marathon de Boulogne-Billancourt en novembre dernier. « Une tendinite due au surentraînement. J’ai couru quand même mais ce fut dur, surtout en fin de course ». Un incident de parcours qui lui a permis de rencontrer une personne  « formidable », Philippe Hérisson, kinésithérapeute attentionné. « Il m’a donné quelques conseils utiles afin de moins faire souffrir mes articulations. Il m’aussi aider à planifier de façon un peu plus raisonnablement mes entraînements.» Des conseils qu’elle a un peu de mal à mettre en pratique puisque ces derniers temps, Anaïs a fait quelques arrêts au stand infirmerie : Orteils luxés et entorses en tous genres (coude, cervical, aux deux majeurs)  rythment son quotidien d’athlète surmené.

Mais qui ne remettent en rien ses croyances : « Ma philosophie est de me lancer à fond dans tout ce que j’entreprends. Je veux toujours être la meilleure. La consécration dans le sport c’est le podium. Pour moi la douleur est psychologique, ce n’est qu’une information.»

Et c’est ainsi que sous l’influence de son copain, Adrien Accorsini (freerider et trailer) et d’un ami, Anthony Saunier qui a déjà beaucoup de belles courses à son actif (CCC, TDS, SainteLyon, …), son regard se tourne vers le trail. Une discipline qu’elle a vite appris à aimer, tout particulièrement pour les sensations qu’elle offre et le cadre de la pratique.
Elle souhaite rapidement y gouter en compétition et décide de se tester en prenant un dossard sur le Trail de l’Ardéchois (O7).

Elle était donc au départ, le week-end dernier, le 29 avril  en faisant le pari de s’inscrire sur le 57 km.  Son objectif : terminer et ainsi, si possible, empocher un point qualificatif pour concourir à la CCC 2013 (Courmayeur Champeix Chamonix, course de montagne de 98 km avec  5600 m de dénivelé) !
« Je cherchais une course assez éloignée de la Coupe de France de Viet Vo Dao (26-27 mai prochain) pour avoir suffisamment le temps de récupérer. L’objectif était de voir si j’étais capable de participer à la CCC, je vais devoir m’entraîner ! Mais le plaisir n’est pas uniquement dans la compétition, sur toutes les courses que j’ai faites, j’ai tissé des liens et noué des contacts avec les autres compétiteurs qui m’ont aidé à mieux appréhender la course. J’ai aussi fortement apprécié l’entraide dans les moments difficiles. »

Courir un 10 km ne me demande pas de préparation spécifique, je me lève le matin et j’y vais. Le trail demande une préparation beaucoup plus poussée et je veux me donner les moyens de réussir mon pari. Je dois apprendre à gérer les spécificités du terrain, les efforts longs, les conditions parfois difficiles. En puis, le trail c’est aussi courir en montagne, c’est découvrir de nouveaux paysages, et surtout de nouvelles sensations, j’adore ! Mais cette fois, je n’ai pas pu aller au bout de mes envies puisque j’ai du bifurquer sur le 34 km (voir son compte-rendu) Elle boucle son parcours en 6h43mn.

Une expérience qui n’a pas calmé ses ambitions. Elle rêve toujours de la CCC mais aussi et surtout de l’UTMB « c’est tellement magnifique et intense comme effort et dans un cadre tellement grandiose ! »

Pour se faire, Anaïs qui voue une grande admiration pour ses maître Viet Vo Dao, devra certainement apprendre à se refreiner et à faire des choix. Ce sera, certainement, un passage obligé si elle veut, un jour « aller au bout de ses limites ».

Texte Gabriel Anoufa

Sa carte de visite

Anaïs Genin
21 ans
176cm / 57kg
Entraînement par semaine : environ 6h de course à pied / 1h30 de natation / 6h de Viet Vo Dao / 4h de tae Kwon Do / (et  10h de ski , 1 week end sur 2 – de novembre à fin mars)

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