La Belgique, l’autre pays du trail

La Belgique, c’est le « plat pays » qui depuis une décennie n’échappe pas à la déferlante du trail running.
Son nombre d’adeptes ne cesse d’augmenter tout comme son nombre d’organisations, à tel point d’ailleurs que l’incontournable « JOGGING » connait un réel déclin.

La première fournée de la Belgique Trail Académie. Du plat pays aux Alpes
La première fournée de la Belgique Trail Académie. Du plat pays aux Alpes

À l’instar de ses voisins européens, la LBFA (Ligue Belge Francophone d’Athlétisme) est l’une des premières fédérations à avoir considéré le Trail comme une discipline à part entière.

La préparation et l’entraînement au Trail sont abordés aux différents niveaux de formation d’entraîneur Hors Stade ADEPS/LBFA.

 

 

Depuis quelques années, la Belgique décerne également les titres de championnes et de champions nationaux de trail. Ces titres permettent aux lauréats de participer aux championnats du monde de trail comme :

– en Italie 2017 avec une belle 42ème place pour le spécialiste Belge de la discipline Nicola Bucci (Deville M 67ème et Vangasse E 71ème).

– à Penyagolosa, Espagne 2018, (Bucci N, Diepard X).

– à Coimbra au Portugal en 2019 (Vanderschaeghe J, Balancier S) ou au championnat du monde de course de montagne (Villa la Angostura, Patagonie) en 2020 (Dewilde, Drion courte distance, Siringo longue distance).

La LBFA compte également une structure élite dont le rôle est d’assurer un accompagnement médical et d’encadrer différents athlètes.

 

Malgré tous ces efforts d’encadrement, la Belgique ne peut espérer mieux qu’un top 50 lors des grands rendez-vous de trail. En 2019, le premier belge à l’UTMB occupe la 78ème place. Il est certain que les athlètes ne sont pas aidés par le manque de relief et l’inexistence d’un terrain spécifique propice au développement des qualités de grimpeur/descendeur essentielles à la réalisation de performance au plus haut niveau. Mais ce n’est pas tout, car le manque cruel de structures (clubs et entraineurs) spécifiques en est certainement la cause principale.

 

Pour changer la donne, la formation devrait être le maitre mot : Formation des athlètes mais aussi et surtout des entraineurs. Trop souvent la spécificité du trail n’est pas prise en compte, voir ignorée, par les coachs « Athlé » ou autres coachs autoproclamés mais non formés.

VMA, VMA ascensionnelle, Pacing, Force, Endurance de force, entrainement croisé, proprioception, travail excentrique, développement de l’endurance… ne sont qu’une petite partie des qualités à planifier par le coach afin de suivre et d’emmener son poulain vers la réussite.

 

C’est incontestable, la Belgique compte des jeunes talentueux, mais livrés à eux même, on constate une dérive inquiétante conduisant inexorablement vers les blessures articulaires, le surentrainement et pour finir à une démotivation du jeune qui banalise trop souvent les distances … d’où l’importance d’encadrer, de suivre et de conseiller nos futurs champions dans un environnement et un cadre adaptés, sécurisant et bienveillant.

Actuellement, les clubs fédéraux n’ont pas su, ou pu, faire face à l’afflux de nouveaux pratiquants. Seules les initiatives privées ont permis un encadrement efficace des jeunes. C’est le cas de la Belgique Trail Académie (BTA).

Au sein de la BTA les jeunes (14 à 21 ans) sont recrutés, évalués puis suivis individuellement afin de les emmener vers le plus haut niveau possible. Les coachs sont spécialisés hors stade/trail, certifiés ADEPS/LBFA mais aussi diplômés lors de stages chapeautés par la FFA ou la ligue Auvergne Rhône-Alpes Athlétisme.

 

Chez les jeunes, actuellement, celui qui a le vent en poupe est le Belgo-Suisse Maximilien Drion. Récent vainqueur en Italie d’une manche du circuit mondial de ski alpinisme devant un certain Davide Magnini. Sans aide spécifique belge, Maximilien s’entraîne en Suisse, participe parfois aux France de montagne, et s’entraîne avec les meilleurs jeunes français de la discipline (Sylvain Cachard, Baptiste Fourmont…)

 

Pour terminer cet état des lieux du trail Belge, nous ne pouvons passer à côté de ce véritable exploit dans le milieu de l’ultra-endurance par élimination, discipline née pendant les confinements successifs.

En octobre dernier, l’équipe Belge composée de ses meilleurs ultra-traileurs a remporté les officieux championnats du monde portant le doux nom de Big Dog’s Backyard.

Son principe : parcourir une boucle de 6,7 kilomètres en moins d’une heure et ce  jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un…Une équipe était composée de 15 coureurs/coureuses, le premier pays classé étant celui qui parvenait à cumuler le plus de boucles. Et à ce petit jeu, c’est la Belgique (574 boucles au total) emmenée par ses deux figures de proue, Karel Sabbe 75 boucles  et Merijn Geerts 74 boucles, qui s’est imposée devant les Etats-Unis (517 boucles) qui alignait pourtant plusieurs athlètes professionnels comme Courtney Dauwalter gagnante de l’UTMB en 2019…

 

Calendrier chargé, courses phares

En Belgique comme en France, il est à présent possible de courir un trail quasiment tous les week-ends. Mais certaines courses rayonnent au-delà du territoire. C’est le cas de la Bouillonnante dans les Ardennes, véritable institution en Belgique. La course tire son nom de la ville de Bouillon. Elle se déroule au mois d’avril sur 56 km pour 2300 m de dénivelé. C’est bien entendu une course piège en raison de la multiplicité des bosses et des conditions atmosphériques souvent difficiles. Cette course a pris en 2020 une envergure internationale en intégrant le Golden Trail National Series, au même titre que le trail du Ventoux ou le marathon du Mont Blanc.

 

TRAIL 2
La Bouillonnante et son parcours cassant

 

Site de la course :  http://www.la-bouillonnante.org/

Calendrier des trails en Belgique : https://www.betrail.run/calendrier-trail/belgique/janvier-2021

 

Assurément, la Belgique est une nation active en trail. Rappelons également qu’elle est une nation très performante en athlétisme avec de nombreuses médailles aux récents championnats d’Europe en salle, et 2 titres. Mais comme en France, les formations fédérales sont longues à se mettre en place, et des structures privées (les teams) ont pris le relais pour encadrer au mieux l’élite des pratiquants.

Au-delà de l’incontournable Bouillonnante, c’est un pays du trail à découvrir. Et il se pourrait bien que la petite bière après l’arrivée provienne de l’abbaye toute proche ! Et là il faut avouer la suprématie de la Belgique.

 

1 réaction à cet article

  1. Il y a beaucoup de trails par chez nous , il est vrai de moyennes distances pour beaucoup .
    Pour les ultras il y a par exemple :
    L UTDS 164km 4630 d+ qui part de Spa et qui donne 6pt itra
    « Entrez dans la légende du pays des sources | EVOTRAIL ASBL » https://www.utds.be/event/fr
    Mais aussi Olne-Spa-Olne un 70km pas mal du tout .
    Bref on en a quand même quelques un hihi

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