François D’haene : « Il faut être plus prudent qu’ailleurs »

Interview réalisé par Jean-Michel Faure-Vincent

Ce jeudi 18 octobre, François d’Haene, sera une cinquième fois au départ du Grand Raid de la Réunion. Fort de ses trois victoires, en 2013, 2014 et 2016, il revient sur les pentes de l’ile, après une saison de compétitions en Chine, France et USA, et deux projets personnels dans les Alpes.

François d'Haene lors du Grand Raid de la Réunion (crédit photo Philippe Reiter).
François d'Haene lors du Grand Raid de la Réunion (crédit photo Philippe Reiter).

- François, vous revenez une nouvelle fois sur le Grand Raid de la Réunion, qu’est qui vous motive sur cette course ?

Ce qui me plaît beaucoup sur cette course c’est que l’on ne sait jamais à quelle sauce nous allons être mangés. Chaque fois il faut se réadapter, les éléments sont différents et le corps réagit différemment. C’est donc une nouvelle aventure excitante à chaque fois et c’est vraiment ce je que recherche dans mes compétitions d’ultra-trails. La technicité du parcours, les conditions météos changeantes tout au long de la course et le dénivelé très cassant en font un des ultra-trails les plus durs.

- Lors de votre dernière participation vous avez vécu un « passage à vide », avez-vous compris pourquoi ?

Oui effectivement en 2016, j’ai eu une fin de parcours assez délicate. J’avais de supers sensations les ¾ de la course puis j’ai eu des grosses crampes dans l’ensemble du corps, qui ne voulaient pas passer. C’était assez douloureux et surtout je ne voyais pas comment sortir de ça, car je n’arrivais plus à m’hydrater comme il le fallait. J’ai par chance réussit à me remettre sur la dernière section, ce qui m’a permis de rejoindre l’arrivée et de savourer cette troisième victoire.

- Jusqu’à présent, comment s’est passée votre saison ? 

Cette année j’avais trois objectifs principaux. Le premier en Asie, en altitude, au printemps afin d’engranger beaucoup de kilomètres, en vue de la suite de la saison. Le second était la Western States 100 aux États-Unis, un ultra-trail qui me sortait vraiment de ma zone de confort de par sa technicité relativement faible et sa rapidité. Je voulais me challenger sur un parcours et des allures différentes pour me donner un objectif très motivant. Enfin mon troisième objectif est donc Le Grand Raid, une course, ou plutôt une aventure, que j’affectionne particulièrement de part sa difficulté, son ambiance, et ses variations d’une année sur l’autre.

- Votre préparation vous semble bonne pour le jour J ?

Depuis la Western States, fin juin, j’ai commencé par une période de récupération d’un bon mois puis j’ai repris l’entrainement progressivement. Au sein de ma préparation, j’avais deux grosses échéances avec fin aout une belle traversée d’une vingtaine d’heure en Savoie et fin septembre une autre aventure par équipe de trente heures dans les Alpes du Sud. C’était pour moi deux étapes importantes pour me mettre en confiance. Il me faut maintenant arriver à récupérer de tout cela et peaufiner mes entrainements pour arriver le plus frais possible le jour-J. En tout cas j’ai hâte de retrouver les beaux sentiers de île et cette motivation est déjà une grande aide.

- Vous arrivez avec l’étiquette de favori sur cette course. Qu’en pensez-vous ?

C’est ce qu’on me dit ! Avec le temps je ne vois plus trop les choses comme cela. J’arrive à relativiser et à ne pas me mettre la pression. Enfin je crois et je l’espère ! J’ai eu la chance de remporter trois fois cette épreuve. C’est juste fabuleux et c’était inimaginable pour moi il y a 9 ans lors de mon premier 100 miles en 2009 au Grand Raid. J’estime donc avoir été très gâté et je prends tout ce qui peut venir comme un bonus. Je ferai de mon mieux pour faire une belle course et me donner à fond, mais l’essentiel pour moi est le plaisir et le bonheur que j’éprouve en préparant et participant à ce Grand Raid.

- Quels conseils donneriez-vous aux participants du Grand Raid de la Réunion ?

Le Grand Raid est une course particulière. Par rapport aux ultras connus comme l’UTMB, elle est un peu plus longue et les variations de températures et de terrains peuvent être très dures à gérer. Il faut donc être beaucoup plus prudent et à l’écoute de soi dès le départ, puis profiter à fond de l’ambiance merveilleuse et enivrante qui règne sur le parcours. Le plus beau conseil que je peux donner, c’est de savourer la chance que nous avons d’être sur cette aventure. Traverser l’île et voir en une seule traite tous ces reliefs, ces cirques, ces lumières magiques est un cadeau qu’il faut apprécier sur toute la longueur, même si cela ne sera pas facile tout le long.

Pour suivre le Grand Raid de la Réunion.

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