Côte d’Azur : Faites la course au soleil !

La côte d’Azur, semble moins réputée pour ses parcours cyclistes que pour ses villas, ses piscines et ses boîtes de nuit. Pourtant il y a largement, au pays de Paris – Nice, de quoi s’amuser en ces terres aux paysages splendides.

Ironman - Nice

L’arrière-pays niçois, qui fait le lien entre la mer et les premiers massifs alpins n’est pas seulement un paysage magnifique pour les yeux, il l’est aussi pour les gambettes des cyclos, y compris les plus exigeants en termes sportifs. Escortés par Jean Baptiste Wiroth, coach enfant du pays, nous nous sommes laissés guidés en ces terrains sur lesquels chaque année se termine Paris-Nice, la course au Soleil.

Nous sommes partis de la piste cyclable qui longe le Var depuis la côté. Démarrant au pied de l’aéroport, au bout de la promenade des anglais, ses premiers hectomètres, reconnaissons-le, sont visuellement assez peu engageants. Mais rapidement, cette piste qui a le mérite de soustraire le cycliste à la circulation automobile nous emmène vers des paysages de rêves. Si sur la droite, derrière un solide rail de sécurité en béton les voitures longent une zone industrielle, de l’autre côté les villages perchés de Castagniers, Aspremont et La Roquette sur Var nous observent, même si au bout de la piste nous allons obliquer à gauche une fois le paysage de cette rive du fleuve redevenu sauvage.

Toute la route est ainsi avec la montagne d’un côté et la mer de l’autre

Nous entamons la montée douce vers Carosse, l’équivalent d’un quatrième catégorie de 6 kilomètres sans gros pourcentage, et allons poursuivre cette crête sur Vence, en passant par le splendide village typique de Gattières à flanc de montagne. Toute la route est ainsi avec la montagne d’un côté et la mer de l’autre. Arrivé au café des 4 chemins, spot à cycliste s’il en est, il est temps d’obliquer à droite et descendre sur Vence. Une fois à la petite fontaine au départ de l’avenue Henri Giraud, après une bonne heure de route depuis Nice, nous attaquons après une heure de pédalage, le morceau de choix du jour : le col de Vence.
9.9 kilomètres à 6.5 % de pente moyenne et 640 mètres de dénivelé. Un vrai col de moyenne montagne, dont la difficulté demeure sa régularité. La plupart des kilomètres sont affichés à 7% de moyenne, la route rend moyennement, et surtout la montée ne propose aucun hectomètre de replat et seuls deux virages en épingle permettent au coureur de relâcher les jambes quelques secondes. On y est en prise constamment, d’un bout à l’autre. Le pied du col met sous les roues des pourcentages dépassant les 8 %. Le reste de la partie urbaine est plus soft et très vite nous basculons dans un paysage de roches et de nature sauvage. Au milieu du col, 500 mètres à 9 % font assez mal aux jambes. Pour notre coach « ce n’est pas le col le plus dur au monde, mais on ne peut pas y tricher ». A noter qu’il est également possible de rejoindre directement Vence par Cagnes sur Mer pour gagner du temps.

Au sommet, plusieurs options sont possibles. Continuer sa route et plonger vers l’arrière-pays du côté de Courseboule, Bouillon ou Le Broc sur les tracés de la boucle de l’Iron Man de Nice. Nous effectuons notre retour en descendant sur nos pas et filons directement de Gattières vers la vallée sans repasser par Carosse. Reprenant la promenade des Anglais puis le port, et nous enchaînons avec le deuxième morceau de la journée, le Col d’Eze, juge de paix final traditionnel de Paris – Nice. Nous allons l’escalader par le versant plus doux dit de CocoBeach, aux paysages plus jolis et surtout moins fréquentés, mais ceux qui désireront suivre le parcours des pros peuvent emprunter dès le port le Boulevard de Riquier puis le Bld Bischoffsheim où se trouvent de forts pourcentages sur 4 kilomètres. Nous passons par la verdure du parc du Mont Boron après avoir traversé les quartiers chics où ont résidé des Lance Armstrong et autres Elton John.

Au loin la pointe du Cap Ferrat…c’est toute la baie des anges que l’on contemple

Nous poursuivons par le col de Villefranche sur la moyenne Corniche. Au loin la pointe du Cap Ferrat, la mer, les stations splendides, les villas de luxe, c’est toute la baie des anges que l’on contemple, on ne compte plus ses efforts au cœur d’une telle merveille. Au carrefour dit des 4 chemins, nous obliquons vers la grande corniche pour aller chercher le final pro du Col d’Eze. A noter pour les escaladeurs, la possibilité de prendre à gauche de ce carrefour le chemin du Vinaigrier qui offre un sympathique pourcentage autour des 15 % sur 3 kilomètres ! De notre côté, les 5 dernières bornes du col d’Eze en proposent 3 difficiles où l’on passe plusieurs fois les 9 %. Mais les deux ultimes bornes par contre, redescendent légèrement. Nous souhaitions alors poursuivre sur la grande corniche, mais la route est coupée pour cause de travaux consécutifs à des éboulements. Nous plongeons vers le splendide village d’Eze sur Mer, haut lieu touristique construit sur python rocheux. Cela nous oblige à une remontée de 3 kilomètres avec des passages à 8 %. Ce sera la dernière 12622359_10207670668578936_4907724897173146484_odifficulté du jour pour nous. Les candidats à des pentes très dures dans la région, y trouveront aussi leur bonheur : le col de la Bonnette est à 20 kilomètres de la cité, et culmine à plus de 2700 mètres d’altitude. Le col de la Madonne au dessus de Menton est disponible, et à 30 kilomètres on trouve les virages en épingle du col de Braus. Enfin à une cinquantaine de bornes on peut rejoindre le Col de Turini rendu célèbre par le rallye de Monté Carlo.

Dans la descente vers la Turbie, nous avons la confirmation que ce coin de France convient parfaitement au cyclisme de haut niveau : nous croisons en sens inverse l’ex champion du monde Philippe Gilbert en plein entraînement. Attention dans cette plongée vers Roquebrune, à la traversée du sympathique village de Cap Martin, dont les courbes serrées se présentent alors que l’allure est vive. Sur la basse corniche nous filons vers Monaco où nous retrouvons les joies de la circulation urbaine, mais à propos d’automobiles, nous vibrons aussi de plaisir à descendre l’avenue d’Ostende empruntée en montée par les formule 1 du Grand Prix local. Passé le Cap d’Ail nous tournons à gauche afin de nous offrir le tour de la pointe du Cap Ferrat entre les villas d’exceptions des milliardaires russes. Nous revenons ensuite vers Nice par Beaulieue et Villefranche. La balade totale aura dépassé les 140 kilomètres. Nous avons bien mérité de goûter les produits locaux (cafés, jus de fruits…) proposés au Café du cycliste sur le vieux port.

Jean Baptiste Wiroth WTS www.wts.fr

Parcours cyclistes des Alpes Maritimes www.cg06.fr

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