À la rencontre de Patrick Mueller, grand espoir du cyclisme !

Patrick Mueller est un jeune coureur professionnel suisse de 22 ans qui évolue au Vital Concept Cycling Club. Il a cette année terminé dans les 10 premiers du Championnat du Monde espoirs à Innsbruck. Aujourd’hui il nous partage une partie de son quotidien et de son entraînement !

Source : Vital Concept Cycling Club
Source : Vital Concept Cycling Club

Bonjour Patrick, c’était pour toi ta première année en tant que professionnel, comment l’as-tu vécue ?

Avant tout, j’ai pris beaucoup d’expérience et cela me servira pour les saisons futures. J’ai bien sûr noté beaucoup de changements par rapport à mes années espoirs. Chez les professionnels, tous les coureurs ont un niveau très élevé et je dois être à 100% sur chaque course si je veux pouvoir m’exprimer. Mon début de saison a été bon avec un top15 au GP de la Marseillaise. Ensuite j’ai eu la chance de découvrir toutes les classiques en Belgique (les flandriennes, l’Amstel Gold Race et la Flèche Wallonne). Ces courses sont vraiment particulières et j’aimerais beaucoup y revenir pour franchir un cap. A la suite de ce début de saison chargée je me suis fait opérer de l’artère iliaque.

C’était un problème qui me gênait depuis longtemps et nous avons donc décidé, avec le staff, de procéder à l’opération à ce moment là pour pouvoir revenir en été. Mon retour à la compétition s’est effectué fin juillet sur le Tour de Wallonie. La fin de saison a été très satisfaisante avec notamment les Championnats du Monde espoirs à Innsbruck (9ème au final après avoir passé de nombreux kilomètres en tête de course et en ayant participé activement au sacre de son coéquipier Marc Hirschi). Brièvement on peut dire que ça a été une saison compliquée, mais avec des signes très positifs pour l’avenir !

 

Est-ce que tu as noté une différence de culture avec BMC par rapport à l’entraînement et l’approche de la performance en général ?

En France on travaille beaucoup la PMA. Dans mes années espoirs, chez BMC, on privilégiait davantage les intensités intermédiaires sous-maximales (I3 sur l’échelle d’ESIE) pour « faire grandir » le moteur. A ce niveau-là, c’était donc un changement pour moi. Mais je suis convaincu qu’il y a des chemins différents pour progresser et exploiter le meilleur de son potentiel.

 

Est-ce que tu peux nous raconter une journée d’entraînement type pour toi ?

Habituellement je me réveille entre 07h et 07h30. Le matin, à jeun, je travaille un peu pour mes études ou je fais une séance de préparation physique légère. Puis je déjeune tranquillement en prenant le temps de lire le journal. Pour la suite, cela dépend de la charge d’entraînement du jour. En hiver je pars rouler vers 09h30 – 10h. La séance dure en général entre 3 et 6h. En rentrant je mange quelque chose, me douche et me pose dans le canapé. Ensuite je peux aller voir des amis, faire des courses, lire un livre ou encore étudier, cela dépend des jours ! Enfin, le soir j’aime bien cuisiner avant de me coucher aux alentours de 22h.

 

Est-ce que tu peux nous faire part d’une de tes semaines d’entraînement pour que nous puissions évaluer la charge de travail d’un jeune professionnel ?

Voici une semaine d’entraînement prise au hasard

 

Lundi : 4h30 avec travail à I3 dans les bosses

Mardi : 5h avec travail à I3 dans les bosses, 5 sprints 15sec et dernière heure avec le vélo de contre la montre

Mercredi : 1h récupération

Jeudi : 3h30 avec un travail axé sur la VO2max + séance de préparation physique (1h)

Vendredi : 4h30 avec du factionné « 30sec PMA – 30sec récupération » et une série de 15min à I3 en fin de séance

Samedi : 3h avec le vélo de contre la montre avec du travail au seuil

Dimanche : 1h récupération

 

Volume total : 23h30 ; 736km

 

Est-ce que tu pratiques la musculation durant ta préparation ? Et en saison ?

Je pratique la musculation en salle deux fois par semaine l’hiver. Pendant la saison, cela devient un peu plus compliqué, mais on essaie de se tenir au minimum à une séance toutes les deux semaines. L’été je fais aussi plus de séances courtes axées sur la force du tronc et sur la flexibilité. Ces entraînements sont plus faciles à maintenir lorsque les compétitions (et les déplacements) s’enchaînent.

 

 

Après cette première année, que veux tu améliorer chez toi et dans ta préparation pour continuer à progresser ?

Je dois m’améliorer encore sur tous les terrains. Je veux avoir la force pour être avec les meilleurs en fin de course et pour cela je ne dois négliger aucune qualité. Donc je vais continuer à travailler dure pour progresser dans tous les domaines.

 

 

Enfin, quels seront tes objectifs l’an prochain ?

J’aimerais réaliser de belles courses sur les classiques ardennaises et aussi disputer plus de courses à étapes. Mais mon grand objectif en 2019 sera surtout de gagner ma première course professionnelle !

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