8ème édition du Trail du Galibier à Valloire (21 août 2016) : Matthieu Brignon taille patron !

La 8ème étape du nature tour du Crédit Agricole des Savoie avait lieu dimanche à Valloire, la charmante et attrayante station de Maurienne. Trois parcours étaient proposés dont l’épreuve reine, le Trail du Galibier, un parcours d’exception de 46 km et 2 660 m de dénivelé positif. Pour sa première participation, le savoyard du team Hoka Matthieu Brignon a inscrit son nom au palmarès de l’épreuve.

Matthieu Brignon

Lorsque nous arrivons le samedi en fin de journée à Valloire, l’atmosphère est humide et c’est une ambiance quasi hivernale qui nous accueille au cœur de la station du champion de ski alpin Jean-Baptiste Grange. La température est fraîche, les montagnes à peine visibles depuis notre chambre d’hôtel. Très vite réchauffés par l’atmosphère chaleureuse de l’Hôtel Christiana et son cadre pittoresque aux charmes de la Savoie, nous oublions vite les caprices de la météo. Puis le repas gastronomique finit de nous redonner du baume au cœur pour le départ du lendemain prévu à 7h.

Le dimanche matin, malgré la fraîcheur matinale, le soleil commence à s’imposer bien que timidement motivant les 200 coureurs annoncés sur la grande épreuve du trail du Galibier. Nouveauté 2016, une boucle en ville d’un km permet d’échauffer les organismes avant d’attaquer la première difficulté du jour et d’animer le centre bourg attirant déjà quelques spectateurs matinaux et plutôt curieux.

Très vite trois coureurs se détachent du reste du peloton et au premier ravitaillement le pisteur secouriste Matthieu Brignon taille la bavette avec Jérémy Nion, un néophyte du trail venu de Roanne qui compte déjà 5 victoires à son actif pour la seule saison 2016 dont une devant Fabien Antolinos. À plan d’Orient, Brignon et Nion ont déjà creusé les écarts. En 3ème position on retrouve un autre coureur roannais mais très amoureux de Valloire Ludwig Van Rhijn « Je viens ici depuis mon plus jeune âge » et qui accuse un retard de plusieurs minutes sur le binôme de tête.

Derrière, l’écart est abyssal et déjà le 4ème coureur semble bien loin de pouvoir prétendre encore au podium. Pourtant nous assistons à quelques surprises, retrouvant des coureurs inattendus se mêlant à la bagarre. Quelques erreurs de parcours sont venues fausser les pistes et les malheureux égarés se retrouvent alors en tête. Mais la discorde sera de courte durée, chacun retrouvant très vite sa place. En effet, l’enchaînement des difficultés des cols des Rochilles, des 3 lacs et du col des Cerces ont vite remis les pendules à l’heure.

Tandis que devant le tiercé de départ se reforme, l’ensemble des coureurs peut apprécier les contours magnifiques des montagnes environnantes, et continuer d’évoluer avec l’apparition du soleil qui – enfin – s’impose complètement sur les majestueuses montagnes Maurienne. La température est idéale pour courir, loin de la canicule d’une édition antérieure. Mais les dernières ascensions du petit Galibier et du mythique col du Galibier, cher aux cyclistes sur route, sont plus durs à avaler. Ludwig a les jambes tandis que Nion montre des signes des faiblesses. Si la victoire de Brignon semble cette fois assurée, la lutte pour la seconde place est plus réelle que jamais. Mais après le passage venté au col du Galibier, Nion retrouve de l’énergie pour assurer sereinement les 15 derniers kms de descente qui lui restent à parcourir.

Il n’est même pas midi lorsque Matthieu Brignon franchit la ligne en 4h53’47. Si la victoire est toujours belle, le pisteur d’Aussois avoue malgré tout « ressentir des signes de fatigue. Je pose des gazex en montagne toute la journée et les week-ends j’encadre des stages de trails. Je commence à être physiquement sur la pente descendante alors que j’enchaîne l’Hokima Trail en Italie dimanche prochain puis le trail des Aiguilles rouges fin septembre. » Mais le gaillard a de la ressource et c’est très chaleureusement qu’il accueille l’arrivée de son adversaire du jour le plus dangereux, Jérémy Nion « très ravi de cette seconde place, j’avais à faire à plus fort que moi aujourd’hui. » Ludwig Van Rhijn complète logiquement le podium en 5h13’03 avec plus de 20 min sur le 4ème Sébastien Pello.

Dans le top 10 nous retrouvons le sympathique organisateur du Nivolet-Classic (autre course savoyarde prévue le 24 septembre), très content de sa performance. « À 47 ans je démarre toujours prudemment pour d’abord pointé autour de la 30ème place dans la première difficulté, puis je reviens au fil des kms même si je perds du temps en descente » commente le 2ème V1 du trail du Galibier.

Chez les féminines, nulle ne pouvait voler la victoire à l’enfant du pays, Lucie Bidault qui avait à cœur de s’imposer ici dans son jardin. Aux avant-postes du début à la fin, elle apprécie sa saison 2016 après « avoir enfin résolu mes problèmes de douleurs au diaphragme. J’ai progressé tant en descente qu’en montées, ce n’est que du bonheur » s’enthousiasme celle qui s’est déjà imposé récemment à Val Cenis à l’Edf Trail et à Saint Sorlin d’Arves.

Derrière, ses concurrents n’ont pas à rougir de leurs performances comme la compagne de Matthieu Brignon, Estelle Munnia qui poursuit sa belle progression en course à pied et va chercher une seconde place en 6h25’34 après avoir trouvé les ressources pour revenir sur Elodie Guégan. « Les entraînements avec Matthieu payent, surtout le travail que nous effectuons dans les parties techniques. C’est là que j’ai pu refaire mon retard. » Quant à Elodie Guégan, elle avait pourtant longtemps évolué à la seconde place. « Même si je perds la seconde place de peu, je termine très heureuse de ma course car j’ai beaucoup progressé et je me sentais vraiment en jambes. Je dispute plutôt des trails courts et le plus souvent dans les Alpes du Sud (Montgenèvre, Ubaye) et tous les éléments éteint réunis aujourd’hui pour faire la course idéale » commente-t-elle pensant déjà au Mt Thabor, sa prochaine étape.

Les filles sont de plus en plus nombreuses à s’essayer au trail. À l’arrivée du trail des Aiguilles le petit parcours de 23 km, une course dominée de main de maître par la patronne Maud Gobert. La monitrice de ski de Valloire et marraine de l’épreuve, est en pleine préparation pour les grandes échéances de fin de saison, le France et le Mondial de trail au Portugal.

Loin de la sportive de haut niveau, c’est avec plaisir que nous échangeons avec les deux amies Clarisse Tesson et Coralie Bariteau, venues l’une de Lyon et l’autre de Vendée. « C’était fantastique, les paysages étaient incroyables. C’était un beau défi pour notre premier vrai trail aussi engagé. Sûr que nous reviendrons l’an prochain » renchérissent-elles en attendant leurs compagnons engagés quant à eux sur le grand parcours. Unies dans l’effort, elles terminent ensemble 134ème et 135ème en 3h58’50. C’est aussi ça le trail, une histoire de défis !

5 réaction à cet article

  1. Bonjour,

    Article très complet sur cette belle épreuve ! Merci.
    Juste pour information, Valloire est en Maurienne et non en Haute-Maurienne comme dit dans l’introduction de l’article ; et il s’agit de la station de Jean-Baptiste GRANGE et non Jean-Christophe… :)

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  2. Vous avez parlé du 1er V1 et oubliez de parler de la 1ere V1 PALENI Claire qui est en plus une enfant du village… quel dommage !!!!

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  3. Et qui est née à Valloire …

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  4. Claire à toujours été bénévole ou serre file sur cette course et pour la première fois cette année elle se lançait à l’assaut des 45 km et fini avec un super résultat !! FÉLICITATIONS

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